En bref

  • Le taux global des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine est de 17,2 %.
  • Ils s'appliquent même quand l'impôt sur le revenu ne s'applique pas : exonération fiscale ne veut pas dire exonération sociale.
  • Sur un fonds en euros, ils sont prélevés chaque année, pas au rachat.

C’est la ligne qui surprend au moment du premier retrait : le gain annoncé n’est pas celui qui arrive sur le compte. Entre les deux, 17,2 % de prélèvements sociaux, qui s’appliquent selon une logique différente de celle de l’impôt sur le revenu — et c’est cette différence qui produit la plupart des malentendus.

Ce que recouvre le taux

Les prélèvements sociaux ne sont pas un impôt unique mais un agrégat de contributions, dont la CSG et la CRDS sont les plus connues. Appliqué aux revenus du patrimoine et de placement, l’ensemble atteint 17,2 %.

Ce taux est le même quel que soit votre revenu. Il ne connaît ni tranche, ni décote, ni quotient familial. C’est un prélèvement proportionnel, et c’est ce qui le rend d’autant plus visible sur les petits montants.

Il se combine à l’impôt sur le revenu dans le prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux = 30 %, la fameuse « flat tax » détaillée dans notre page dédiée.

La règle qui explique tout : exonération fiscale n’est pas exonération sociale

C’est le point à retenir, et il vaut pour la quasi-totalité des enveloppes.

Un produit peut être exonéré d’impôt sur le revenu et rester pleinement soumis aux prélèvements sociaux. Les deux régimes sont indépendants, et un avantage sur l’un ne dit rien de l’autre.

ProduitImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux
Livret A, LDDS, LEPExonéréExonéré
PEA après 5 ansExonéré sur les gainsDus
Assurance-vie après 8 ansAbattement puis taux réduitDus
PER, sortie en capitalSelon le régime choisiDus sur les gains
Compte-titresBarème ou forfaitaireDus
Revenus fonciersBarèmeDus

Les livrets réglementés sont l’exception notable : exonération complète sur les deux plans. C’est ce qui explique leur intérêt persistant malgré des taux modestes, comme le rappelle notre comparaison Livret A, LDDS et LEP.

Le PEA, la confusion la plus répandue

« Le PEA est défiscalisé après cinq ans » — la formule circule partout et elle est fausse à moitié.

Après cinq ans de détention, les gains sortent exonérés d’impôt sur le revenu. Mais les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur ces mêmes gains, prélevés au moment du retrait.

Un PEA qui a produit 10 000 € de plus-value ne rend donc pas 10 000 € nets : il en rend environ 8 280 €. C’est très avantageux comparé aux 30 % d’un compte-titres, mais ce n’est pas zéro.

La comparaison complète entre les deux enveloppes est traitée dans compte-titres ou PEA.

L’assurance-vie : le moment du prélèvement change tout

C’est la subtilité la moins connue, et elle a un effet réel sur le rendement composé.

Sur le fonds en euros, les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année, au moment où les intérêts sont inscrits en compte. Vous ne les voyez pas passer, mais ils sont retenus à la source, année après année.

Sur les unités de compte, ils ne sont dus qu’au rachat, et seulement sur la part de gain effectivement retirée.

La différence n’est pas anodine : sur le fonds en euros, la part prélevée chaque année ne travaille plus. Sur les unités de compte, la totalité du gain reste investie jusqu’au retrait. C’est un argument qui s’ajoute à ceux exposés dans fonds en euros ou unités de compte.

L’abattement annuel et le taux réduit obtenus après huit ans, eux, ne concernent que l’impôt sur le revenu — pas les prélèvements sociaux. Le détail du régime est dans l’assurance-vie après huit ans.

Comment ils sont prélevés

Trois mécanismes coexistent, selon le produit.

À la source, par l’établissement. C’est le cas le plus courant : la banque ou l’assureur retient les prélèvements et les reverse. Vous recevez un montant net et il n’y a rien à déclarer de plus.

Par voie de rôle, avec l’impôt. Pour les revenus qui ne font pas l’objet d’une retenue, notamment les revenus fonciers, les prélèvements sociaux sont calculés sur la base de la déclaration et recouvrés avec l’impôt sur le revenu.

Un acompte en cours d’année. Pour certains revenus de capitaux mobiliers, un acompte est prélevé à la source puis régularisé au moment de la déclaration.

Le point sur la CSG déductible

Une part de la CSG payée sur les revenus du patrimoine est déductible du revenu imposable de l’année suivante — mais uniquement lorsque les revenus concernés sont soumis au barème progressif, et non lorsque vous avez opté pour le prélèvement forfaitaire unique.

C’est l’un des éléments à intégrer quand on arbitre entre le barème et le forfaitaire : l’option pour le barème, intéressante pour les foyers faiblement imposés, ouvre en plus cette déductibilité. Le calcul se fait au cas par cas, sur la base de vos revenus, et il change d’une année à l’autre.

Ce que ça change en pratique

Deux réflexes utiles.

Raisonner en net. Un rendement annoncé à 4 % sur un support soumis au forfaitaire rend environ 2,8 % net. Comparer un placement fiscalisé et un livret exonéré sans faire ce retraitement fausse toute décision.

Regarder le moment du prélèvement, pas seulement le taux. Deux produits au même taux ne se valent pas si l’un est ponctionné chaque année et l’autre seulement à la sortie.

Enfin, pour les plus-values réalisées sur un compte-titres, la base de calcul est la même que pour l’impôt : voir le calcul des plus-values de titres.

Le cas des non-résidents et des affiliés à l’étranger

Une situation fréquente et mal connue, qui concerne les expatriés et les frontaliers.

Les prélèvements sociaux financent la protection sociale française. Une personne qui n’y est pas affiliée mais qui relève d’un régime de sécurité sociale d’un autre État de l’Union, de l’Espace économique européen ou de la Suisse peut être exonérée d’une partie de ces contributions sur ses revenus du capital de source française, tout en restant redevable d’un prélèvement de solidarité.

C’est une exonération partielle, pas totale, et elle suppose de justifier son affiliation. Elle ne s’applique pas automatiquement : il faut la demander, ce que beaucoup de contribuables concernés ignorent pendant des années.

Si vous êtes dans cette situation, c’est un point à faire vérifier — le montant en jeu sur plusieurs années de revenus fonciers ou de plus-values immobilières n’est pas anecdotique.

Arbitrer entre barème et forfaitaire

Le prélèvement forfaitaire unique de 30 % est le régime par défaut, mais l’option pour le barème progressif reste possible, et elle est globale : elle s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers de l’année.

Elle devient intéressante quand votre taux marginal d’imposition est faible. Le calcul se pose ainsi :

ÉlémentForfaitaireBarème
Impôt sur le revenu12,8 %Votre taux marginal
Prélèvements sociaux17,2 %17,2 %
Abattement sur dividendesNonOui, 40 %
CSG déductible l’année suivanteNonOui, une part

Trois avantages se cumulent donc côté barème pour un foyer peu imposé : un taux d’impôt plus faible, l’abattement sur les dividendes, et la déductibilité d’une part de CSG.

L’option se coche au moment de la déclaration, et elle vaut pour toute l’année. Faites la simulation dans les deux configurations avant de valider : l’administration propose ce calcul, et l’écart peut être substantiel.

Ce qu’il faut vérifier une fois par an

Deux réflexes suffisent.

Contrôler les montants prélevés sur vos relevés annuels. Une erreur de taux ou une retenue sur un produit exonéré arrive, et elle ne se corrige que si vous la signalez.

Vérifier que rien n’a été oublié dans votre déclaration : les revenus qui n’ont pas fait l’objet d’une retenue à la source doivent y figurer, sous peine de régularisation ultérieure avec intérêts. C’est particulièrement vrai pour les comptes détenus hors de France, sujet traité dans déclarer un compte à l’étranger.

Questions fréquentes

Quel est le taux des prélèvements sociaux sur l'épargne ?

Le taux global applicable aux revenus du patrimoine et de placement est de 17,2 %. Il agrège plusieurs contributions, dont la CSG et la CRDS. C'est ce taux qui s'ajoute à l'impôt sur le revenu dans le prélèvement forfaitaire unique de 30 %.

Le Livret A est-il soumis aux prélèvements sociaux ?

Non. Le Livret A, le LDDS et le LEP sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. C'est l'une des rares exonérations complètes, et elle explique une bonne part de leur intérêt malgré des taux de rémunération modestes.

Paie-t-on les prélèvements sociaux sur un PEA ?

Oui, au moment du retrait, même après cinq ans. L'avantage du PEA porte sur l'impôt sur le revenu, dont les gains sont exonérés après cinq ans, mais les prélèvements sociaux restent dus sur ces mêmes gains. C'est la confusion la plus fréquente à propos de cette enveloppe.

Quand sont-ils prélevés sur une assurance-vie ?

Cela dépend du support. Sur le fonds en euros, ils sont prélevés chaque année au moment de l'inscription des intérêts en compte. Sur les unités de compte, ils ne sont dus qu'au moment du rachat, sur la part de gain retirée.

Sources et méthode

  • Régime français des prélèvements sociaux sur les revenus du capital