En bref

  • Le TAEG regroupe en un seul taux annuel les intérêts et tous les frais imposés pour obtenir le crédit : dossier, garantie, assurance exigée, courtage.
  • Il compare utilement deux offres de même montant et de même durée. Il ne compare pas deux durées : un TAEG plus bas sur 25 ans peut coûter bien plus cher qu'un TAEG plus haut sur 20 ans.
  • Sur 200 000 € empruntés, 3,5 % sur 20 ans coûtent environ 78 400 € d'intérêts, 3,3 % sur 25 ans environ 94 000 € : le taux le plus bas coûte 15 600 € de plus.
  • Le TAEG suppose que le crédit va jusqu'à son terme au taux initial. Un remboursement anticipé, un taux variable ou une assurance facultative changent le coût réel.

Le TAEG (taux annuel effectif global) rassemble en un seul pourcentage les intérêts et tous les frais que le prêteur impose pour accorder le crédit. C’est le bon outil pour comparer deux offres de même montant et de même durée. Il devient trompeur dès qu’on compare deux durées : un TAEG plus bas étalé sur plus d’années peut coûter des milliers d’euros de plus. Le chiffre qui tranche, c’est le coût total du crédit, en euros.

Ce que le TAEG additionne

Le taux affiché en gros dans une publicité est souvent le taux nominal, qu’on appelle aussi taux débiteur. Il ne sert qu’à une chose : calculer les intérêts sur le capital restant dû. Le TAEG part de ce taux et y ajoute tout ce que vous payez obligatoirement pour obtenir le prêt.

Le Code de la consommation en fixe la définition et la méthode de calcul, identiques dans toute l’Union européenne depuis la transposition de la directive sur le crédit immobilier. Concrètement, entrent dans le TAEG :

  • les intérêts, calculés au taux nominal ;
  • les frais de dossier facturés par le prêteur ;
  • les frais de garantie : caution d’un organisme spécialisé, hypothèque ou privilège de prêteur de deniers ;
  • l’assurance emprunteur, lorsque le prêteur l’exige pour accorder le crédit ;
  • les frais de courtage, si vous passez par un intermédiaire rémunéré par vous ;
  • les frais d’un compte bancaire, si l’ouverture de ce compte est une condition du prêt.

Même sans aucun frais, le TAEG dépasse légèrement le taux nominal. Il s’exprime en effet en taux actuariel : il tient compte du fait que vous remboursez chaque mois, et non une fois par an. Un taux nominal de 5 % donne ainsi un TAEG d’environ 5,12 % avant tout frais.

Ce qu’il laisse dehors

Le TAEG n’intègre que les coûts connus et obligatoires au moment de l’offre. Plusieurs dépenses bien réelles lui échappent, et c’est là que deux offres au même taux peuvent diverger.

PosteDans le TAEG ?Pourquoi
Intérêts, frais de dossier, garantieOuiConditions du prêt
Assurance exigée par le prêteurOuiCondition du prêt
Assurance facultative (perte d’emploi en option, par exemple)NonChoix de l’emprunteur
Frais de notaire liés à l’achat du bienNonLiés à l’acquisition, pas au crédit
Indemnités de remboursement anticipéNonDépendent d’un événement futur
Pénalités de retard ou d’impayéNonLiées à un manquement
Évolution d’un taux variableNonInconnue à la signature

Le cas de l’assurance mérite un mot. En crédit immobilier, l’offre doit aussi afficher le TAEA, le taux annuel effectif de l’assurance, qui isole son poids dans le coût total. C’est l’indicateur à regarder si vous envisagez de prendre une assurance ailleurs que chez le prêteur, ce que la loi permet. Une assurance moins chère fait baisser le coût réel du crédit, mais le TAEG imprimé sur l’offre initiale ne le reflète pas.

L’effet de la durée, chiffré

C’est la limite la plus coûteuse du TAEG. Un taux mesure un coût par an. Étalez le crédit sur plus d’années, et vous payez ce coût annuel plus longtemps, sur un capital qui diminue plus lentement.

Prenons 200 000 € empruntés, remboursés par mensualités constantes. Pour isoler l’effet de la durée, le calcul ne retient que les intérêts, sans assurance ni frais :

ScénarioMensualitéIntérêts payés au total
3,5 % sur 20 ans1 160 €environ 78 400 €
3,3 % sur 25 ans980 €environ 94 000 €
3,5 % sur 25 ans1 001 €environ 100 400 €

Le deuxième scénario affiche le taux le plus bas et la mensualité la plus légère. C’est pourtant lui qui coûte environ 15 600 € de plus que le premier. Cinq années de remboursement supplémentaires pèsent plus lourd que deux dixièmes de point de taux.

Cela ne veut pas dire qu’il faut toujours choisir la durée la plus courte. Une mensualité plus faible peut être la condition pour rester sous le taux d’endettement accepté par la banque, ou pour garder une épargne de précaution. Mais le choix doit se faire en connaissant son prix, exprimé en euros, et non sur la seule foi du taux.

La règle pratique : comparez les TAEG entre offres de même durée ; comparez le coût total du crédit entre durées différentes. Ce montant figure obligatoirement dans l’offre de prêt, à côté du TAEG.

Quand le coût réel s’écarte du TAEG

Le TAEG repose sur une hypothèse simple : vous gardez le crédit jusqu’au bout, au taux prévu, sans rien changer. La réalité s’en écarte souvent, dans les deux sens.

Le remboursement anticipé. Les frais fixes, comme les frais de dossier ou de garantie, sont amortis dans le TAEG sur toute la durée du prêt. Si vous remboursez plus tôt, ils pèsent sur une période plus courte et le coût réel en pourcentage augmente. Prenons un crédit de 15 000 € sur cinq ans à 5 % nominal, avec 300 € de frais de dossier : le TAEG ressort autour de 6 %. Soldé au bout de deux ans, ce même crédit revient à un coût effectif proche de 6,5 % par an, sans compter d’éventuelles indemnités.

Ces indemnités de remboursement anticipé sont encadrées. En crédit immobilier, elles ne peuvent dépasser ni six mois d’intérêts sur le capital remboursé, ni 3 % du capital restant dû. En crédit à la consommation, elles sont plafonnées à 1 % ou 0,5 % du montant remboursé selon la durée restante, et ne sont pas dues en dessous de 10 000 € remboursés sur douze mois. Le contrat peut prévoir moins, voire rien : c’est un point à négocier avant de signer.

Le taux variable. Pour un prêt à taux révisable, le TAEG est calculé comme si le taux de départ restait fixe jusqu’au terme. Il donne une photographie à la signature, pas une prévision. L’offre doit préciser l’indice de référence et les éventuels plafonds de variation ; c’est là que se lit le risque.

Le crédit renouvelable. Son coût dépend de ce que vous utilisez et du rythme auquel vous remboursez. Le TAEG affiché dans les publicités s’appuie sur un exemple représentatif, obligatoire, qui décrit un montant et une durée types. Votre usage réel peut en être très éloigné.

Le taux d’usure, garde-fou du TAEG

Le TAEG a une autre fonction, moins connue : il sert à vérifier qu’une offre est légale. Chaque trimestre, la Banque de France publie les taux d’usure, c’est-à-dire les TAEG maximaux autorisés pour chaque catégorie de crédit. Un prêteur ne peut pas accorder un crédit dont le TAEG dépasse ce plafond.

C’est pour cette raison que tous les frais obligatoires doivent entrer dans le calcul. Si l’assurance ou les frais de courtage en étaient exclus, un prêteur pourrait afficher un taux conforme tout en facturant, à côté, un coût qui le ferait dépasser. Le seuil évolue avec les conditions de marché : consultez la dernière publication de la Banque de France plutôt qu’un chiffre repris d’un article daté.

Un dernier point de vigilance concerne les intermédiaires. Un courtier en crédit doit être immatriculé à l’ORIAS dans la bonne catégorie ; notre guide pour vérifier l’agrément d’un intermédiaire explique comment le contrôler en deux minutes. Une offre de prêt reçue par message, sans frais affichés et à un taux très inférieur au marché, relève souvent de l’escroquerie : les réflexes décrits pour repérer une arnaque à l’investissement, à commencer par la vérification du nom exact dans les registres officiels, s’appliquent tels quels aux faux prêteurs.

Lire une offre de prêt en quatre chiffres

Face à une offre, quatre informations suffisent à la situer, et toutes figurent obligatoirement dans le document :

  1. Le TAEG, pour comparer avec une autre offre de même durée et vérifier qu’il reste sous le taux d’usure.
  2. Le coût total du crédit, en euros, pour comparer des durées différentes.
  3. Le TAEA en crédit immobilier, pour mesurer le poids de l’assurance et juger de l’intérêt d’une délégation.
  4. Les conditions de remboursement anticipé, qui décideront du coût réel si vous revendez ou renégociez avant le terme.

Si vous empruntez pour un investissement locatif, gardez aussi en tête que les intérêts et une partie des frais d’emprunt se déduisent des loyers au régime réel, pas au micro-foncier : notre comparatif micro-foncier ou régime réel montre comment ce seul poste fait souvent basculer le choix.

Le TAEG reste un excellent outil, à condition de lui poser la bonne question. Il répond à « laquelle de ces offres est la moins chère, à durée égale ? ». Il ne répond pas à « combien ce crédit va-t-il me coûter ? ». Pour cela, il faut lire le montant en euros juste à côté.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le taux nominal et le TAEG ?

Le taux nominal, ou taux débiteur, ne sert qu'à calculer les intérêts. Le TAEG y ajoute tous les frais obligatoires pour obtenir le crédit, comme les frais de dossier, la garantie, l'assurance exigée par le prêteur et les frais de courtage. Il est donc toujours supérieur ou égal au taux nominal.

Le TAEG comprend-il l'assurance emprunteur ?

Oui, quand le prêteur l'exige pour accorder le crédit, ce qui est presque toujours le cas en crédit immobilier. Une assurance facultative, souscrite en plus sans être une condition du prêt, n'entre pas dans le TAEG. Son coût s'ajoute alors à celui du crédit.

Faut-il choisir l'offre qui a le TAEG le plus bas ?

Seulement si les offres portent sur le même montant et la même durée. Dès que la durée change, il faut comparer le coût total du crédit, exprimé en euros, qui figure obligatoirement dans l'offre. C'est lui qui dit combien vous rembourserez au-delà de la somme empruntée.

Qu'est-ce que le taux d'usure ?

C'est le TAEG maximal auquel un prêteur peut accorder un crédit. La Banque de France le publie chaque trimestre, par catégorie de prêt et parfois par durée. Une offre dont le TAEG dépasse le taux d'usure en vigueur est interdite.

Sources et méthode

  • Code de la consommation, articles L314-1 et suivants : définition et calcul du taux annuel effectif global
  • Code de la consommation, article L314-6 : taux d'usure, publié chaque trimestre par la Banque de France
  • Directive 2014/17/UE sur le crédit immobilier aux consommateurs, transposée en droit français en 2016
  • Calculs de la rédaction : mensualités constantes, formule d'amortissement classique, hors assurance et frais sauf mention contraire